mercredi 15 octobre 2014

COMMEMORATION DU 17 OCTOBRE 1961



17 octobre 1961 : à cinq mois de la fin de la guerre d’Algérie et à l’appel de la Fédération de France du Front de Libération Nationale algérien, des dizaines de milliers d’Algériens de Paris et de sa banlieue, hommes, femmes et enfants, convergent vers Paris. Cette manifestation pacifique a pour but de protester contre le couvre-feu imposé à la population algérienne par le Préfet de police Maurice Papon. La police placée sous ses ordres va réprimer sauvagement la manifestation : arrestations par milliers, détention indigne dans des centres spécialement mis en place, blessés et morts par centaines, sous les coups de matraque, par armes à feu, ou par noyade dans la Seine.
Cette sanglante répression sera occultée de la mémoire collective pendant des décennies, malgré la dénonciation des faits dès 1961. Ce n’est qu’après le procès en 1998 du préfet Maurice Papon (pour ses actes pendant l’Occupation allemande) que le travail de mémoire pourra se déployer .Travaux d’historiens, actions d’associations, romans, films, rapports officiels, éclairent cette tragédie de notre histoire contemporaine, jusqu’à la reconnaissance des faits par le Président de la République en octobre 2012.
L’accessibilité  très récente à diverses archives permet aux historiens notamment de poursuivre ce travail encore inachevé. Si le nombre de morts (entre plusieurs dizaines et trois cents selon les sources) est encore controversé, les faits sont définitivement avérés, sans compter les nombreux témoignages faisant état de corps flottant dans la Seine.
De nombreuses municipalités (comme Paris, Nanterre, Bezons, Colombes…) et associations commémorent depuis longtemps  cet événement dramatique. Le Conseil Général des  Hauts de Seine et l’actuelle municipalité de Colombes refusent de s’associer à ce rappel de notre histoire commune.
Pour leur part, les Motivé-e-s pour Colombes, qui, fidèles à leurs valeurs, y appellent depuis près de 15 ans, renouvellent cette année encore, en compagnie entre autres de L’ASTI, leur appel à honorer la mémoire des victimes du 17 octobre 1961.
Rendez-vous est fixé le SAMEDI 18 OCTOBRE, à 10h 30, sur le pont de Bezons.

mardi 23 septembre 2014

Un chômeur réagit à l'insulte du « ministre du chômage »



Étant moi-même au chômage partiel, ma compagne au chômage et mon fils aîné au chômage (pardon « en recherche d’emploi »...), je me permets de réagir à la véritable insulte proféré le 2 septembre dernier à l’égard des chômeurs par le ministre du travail.

La provocation d’un ministre soi-disant de gauche
Source : dépêche AFP du 2 septembre 2014

Le ministre du Travail, François Rebsamen, a demandé mardi à Pôle Emploi de « renforcer les contrôles » pour vérifier que les chômeurs « cherchent bien un emploi », estimant qu’une « sanction » est nécessaire dans le cas contraire. Interrogé sur i-Télé sur la difficulté de pourvoir à certains postes, évalués à 350 000, et sur la possibilité de changer les règles d’indemnisation du chômage, François Rebsamen a rappelé qu’être « chômeur au sens du bureau international du travail », c’est rechercher un emploi.
« C’est négatif pour ceux qui recherchent des emplois d’être à côté de personnes qui ne cherchent pas d’emploi, donc je demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles », a-t-il dit. Cette mission, à la portée de Pôle Emploi, selon le ministre, nécessite un « état d’esprit différent, des convocations et des vérifications (...) Sinon on est radié ».
« Il n’est pas possible, dans un pays qui est en difficulté, qui veut se redresser, qui porte le travail, d’avoir des gens qui » ne cherchent pas d’emploi, a-t-il ajouté, précisant qu’il y en avait mais que ce n’était « pas la majorité ».

Les vrais chiffres du chômage en juillet 2014
Sources : Rapport complet de la DARES (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias

Demandeurs d'emploi par catégories :
• A : 3 424 400 (+ 4,3 % sur 1 an) : sans aucun emploi.
• B : 665 100 (+ 3,3 % sur 1 an) : travailleurs pauvres moins de 78 heures
• C : 994 300 (+ 8,4 % sur 1 an) : travailleurs pauvres de + de 78 heures
• D : 268 500 (+ 2,1 % sur 1 an) : stages parking, occupationnels, etc.
• E : 395 000 (+ 11,5 % sur 1 an) : contrats aidés, etc.
TOTAL : 5 747 300 (données corrigées), hors DOM-TOM, soit + 5,7 % sur 1 an, 27 900 chômeurs de plus par rapport à juin.
TOTAL DOM-TOM compris : 6 080 020

Deux précisions :
• plus d'1 chômeur inscrit à Pôle Emploi sur 2 (52,2 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITÉ, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER ...)
• offres d'emploi disponibles, dernier chiffre connu : 208 335.

Ne sont pas comptés dans ces 6 080 020 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :
 • 1 377 900 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 2 300 000 environ de foyers (dernier chiffre connu), seuls 922 100 sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein
• 1 000 000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d’accès à emploi adapté.
• les jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA (quasi unique en Europe)
• les bénéficiaires de pensions de reversions (veufs, veuves) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA, et qui n'ont pas encore l'âge pour prendre la retraite ou encore percevoir le minimum vieillesse ASPA (67 ans), ASPA récupérable sur le patrimoine, au décès.
• les bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte).
• les retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre.

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs :
• défauts d'actualisation : 199 000 (43,1 % des sorties des listes).
• radiations administratives (les punis) : 49 800 (10,8 % des sorties).
• autres cas (les morts, suicidés, emprisonnés...) : 47 700 (10,3 % des sorties).
Soit 296 500 radiés des listes (64,2 %) pour autres motifs que :
• stages parking : 43 800, 9,5 % des sorties (+ 23,7% en 1 an).
• arrêts maladie, maternité, etc. : 35 100, 7,6 % des sorties.
• reprises d'emploi déclarées : 85 800 (ne représentent que 18,6 % des sorties des listes !)

Qui est ce M. Rebsamen ?
Source : Wikipédia

• Titulaire d'une maîtrise de droit public, d'un DESS de sciences économiques et diplômé de sciences politiques
• a exercé les fonctions d'administrateur territorial
• a été chef de cabinet, directeur-adjoint de cabinet et conseiller technique de cabinet de plusieurs ministres
• a été secrétaire national du Parti socialiste
• a été conseiller général, maire, député et sénateur
• En 2012, alors que le gouvernement entend faire respecter sa proposition lors de la campagne présidentielle d'interdire le cumul des mandats, François Rebsamen s'y oppose (on comprend pourquoi !)
• En 2007 et 2008, il est administrateur de Dexia-Crédit Local de France et démissionne quelques jours avant la faillite de cette banque qui aura nécessité un apport de 3 milliards d'euros de l'État (seule banque française ou en partie française à avoir bénéficié d'un apport en capital de l'État et non pas simplement d'un prêt ou d'une garantie). D'après L'Express, Rebsamen aurait démissionné de son siège d'administrateur de la banque soutenue par l'argent public quand Le Canard Enchaîné eut révélé le montant de ses jetons de présence : 20 000 euros en 2007 !
• Franc-maçon, il est membre de la loge « Solidarité et progrès » !!! (ça ne s’invente pas !)

Conclusion
Ce monsieur a-t-il déjà été chômeur ? Sait-il ce que cela signifie de chercher « réellement » un emploi dans un contexte où il y plus de 6 millions de chômeurs pour seulement 350 000 emplois non pourvus et 208 000 offres d’emploi disponibles ? Connaît-il le soutien misérable que Pole Emploi apporte aux chômeurs, pour oser demander en plus à ses agents de pratiquer un contrôle renforcé des chômeurs ?
Notre expérience concrète, c’est en effet qu’il y a très peu d’offres... Quand à créer son emploi, je suis bien placé pour savoir ce que cela a d’aléatoire et d’extrêmement difficile aujourd’hui (les personnes qui l’ont fait autour de moi ces dernières années sont toutes dans la même situation)...
La situation réelle de l’emploi en France correspond-elle vraiment à celle d’un « pays qui porte le travail » (qu’est-ce que ça veut dire ???) ? Comment ce monsieur peut-il oser dans ce contexte demander un renforcement du flicage des chômeurs inscrits ? Comment peut-il obliger des millions de gens à pratiquer assidûment une activité pénible et souvent humiliante qui n’a pratiquement aucune utilité ni aucun sens ? Cet homme est-il digne d’être ministre et qui plus est « du travail » (qu’est-ce que ça veut dire ?) ???

vendredi 25 juillet 2014

Par qui sommes-nous dirigés ?

Pendant que l'UMP lave son linge sale à couteaux tirés et où dans ce parti certains de ses dirigeants ont l'habitude de s'en mettre plein les poches avec l'argent public, François Hollande lui, nous en remet une louche. Le 9 juillet 2014, il diffuse un communiqué sur Gaza, où il soutient sans réserve les positions des faucons israéliens.

mardi 15 juillet 2014

Ils défendent l'emploi... ils perdent le leur !



C'est ce qui arrive à des facteurs du 92, dont certains sont en grève depuis plus de 4 mois.
La Poste veut supprimer plusieurs dizaines de milliers d'emplois pour l'horizon 2020, et dans le 92 les embauches se font uniquement par contrats précaires. A Rueil, las de voir des précaires jetés à la fin de leurs contrats, des facteurs  se sont mis en grève reconductible fin janvier avec les syndicats CGT et Sud. Depuis ils ont été rejoints par d'autres bureaux du 92, puis du 91 et de Paris.
Réponse de l'employeur : des mises à pied de 3 mois, cinq licenciements et de nouvelles comparutions devant la commission disciplinaire , la garde à vue pour plusieurs syndicalistes accusés de violences par des vigiles lors d'une occupation du siège de la direction.
Rien d'étonnant à ce que les grévistes aient tenu  à rejoindre les manifestations actuelles des cheminots et des intermittents, où ils ont été confrontés à la même répression violente que celle qu'ils avaient subie !
Et le gouvernement (de gauche ?) si prompt à céder lorsque la manif pour tous s'oppose à une nouvelle loi sur la famille, à l'éducation à l'égalité dans les écoles, ou lorsque le Medef  avec l'idée de supprimer des statuts "privilégiés" s'attaque par exemple à l'indemnisation chômage des intermittents ? - Arrêtons-nous là, mais nous pourrions encore citer bien des reculades. Ce n'est pas lui qui va défendre le service public puisque son but est de l'ouvrir à la concurrence et de réduire les emplois pour se plier aux directives européennes.
Pour plus d'info http:/grevedespostiers92.tumblr.com
Pour les soutenir, chèques à l'ordre de Sud Poste 92, avec la mention au dos "Solidarité grévistes", à envoyer au : 51 rue Jean Bonal 92250 La Garenne Colombes
Dernières nouvelles : l'inspection du travail casse un licenciement abusif. Trois postiers ont été convoqués à la Sûreté Territoriale à la suite des plaintes des vigiles, dont certains ne se sont même pas présentés. Au bout de quelques minutes ils repartaient librement !
La grève continue et régulièrement les grévistes contactent d'autres bureaux, où ils sont toujours bien accueillis.
Le 10 juillet des intermittents-précaires-chômeurs ont bloqué l'entrée de la Plate-Forme Colis dans le port de Gennevilliers.
Dernière minute : les grévistes du 92 sont invités à Avignon.

dimanche 13 juillet 2014

Merci aux Colombiennes et aux Colombiens qui ont voté pour nous


Une vraie gauche pour Colombes, tel fut le titre de notre liste aux dernières élections municipales. Pour nous ce n’était pas un slogan, mais une autre conception de la politique où l’intérêt général prime, avec l’humain au centre de notre démarche.
Avec notre liste, constituée des Motivé-e-s et d’autres forces de gauche, Les Alternatifs, des membres du Front de gauche, le Parti ouvrier indépendant et de personnalités non-encartées à des organisations politiques, nous avions proposé une alternative, véritablement à gauche. Oui, à gauche car pour nous ce positionnement est porteur de sens.
D’abord, de solidarité et de justice sociale, tant ces valeurs sont aujourd'hui plus que jamais nécessaires.
Ensuite, d’égalité et de démocratie, tant ces principes sont incontournables pour sortir de la crise multiforme que nous vivons.
Enfin, d’écologie, tant le modèle productiviste et consumériste nous conduits au désastre.
Bref, nous voulions, modestement, mais certainement œuvrer pour la cohésion collective. Nous voulions préserver, à l’échelle de Colombes et selon nos moyens, le progrès social et le bien-être de tou-te-s.
Forts de ces valeurs et principes, nous avions mené une campagne électorale où la fraternité et l’abnégation ne furent pas de vains mots. Malheureusement, l’accueil et le respect que vous nous aviez manifestés n’ont pas suffi. L’abstention due au discrédit de la politique, à l’abandon des plus vulnérables et au désenchantement de la majorité de l’électorat de gauche, ne nous a pas permis d’être élus. Nous le regrettons, car les mesures prises par le gouvernement vont affecter la condition des plus modestes, des jeunes, des travailleurs et travailleuses, des retraité-e-s, des femmes, des groupes discriminés, ainsi que d’autres catégories de personnes. Et ce ne sont pas les municipalités, a fortiori de droite comme la nôtre, qui vont limiter les difficultés de ces populations.
C’est pour toutes ces raisons que notre engagement ne s’est pas arrêté avec la campagne électorale des municipales. Nous, Les Motivé-e-s avec d’autres forces de gauche qui le souhaitent, agirons, chaque fois que nous le jugerons utile, pour préserver nos droits et œuvrer pour le progrès social et la justice.
D’ici-là, je vous renouvelle, au nom de tou-te-s les candidat-e-s et de ceux et celles qui nous ont soutenus, mes vifs remerciements.
Adda Bekkouche